Vendredi 16 septembre 2005 5 16 /09 /Sep /2005 00:00

 

 En flânant dans les rues, les campagnes, les églises, les cimetières du Hainaut, on peut voir de-ci de-là des blasons de familles qui se sont illustrées dans l'histoire, ou  plus simplement se sont laissé vivre et oublier.

Une première récolte dans le petit cimetière de Buvrinnes, village proche de Binche.

  Contre le mur de clôture du cimetière se dresse l'imposant  monument funéraire de la famille Looz-Corswarem dont une branche est implantée dans le village.  looz-corswarem-copie-1

 

La photo ne permet pas de distinguer les détais sculptés sur la pierre tombale, particulièrement ceux du franc-quartier.  Nous avons redessiné le blason pour plus de clarté.  Si nous en faisons la lecture cela donne :

"de gueules à deux fasces bretessées contre-bretesseés d'argent au franc-quartier de gueules, à trois pals de vair, au chef d'or"

Il s'agit du blason de la famille de Blois de Walhain issue de la famille de Blois de Trélon.  S'il reste des membres de cette famille, ils ne sont plus porteurs du nom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  


                                                                                
 La visite de l'Eglise d'Harvengt, village proche de Mons, nous livre quelques joyaux héraldiques.

Ce sont des obits situés dans le fond de l'église, face au choeur.
Bousies est un nom prestigieux, les ancêtres ont participé aux croisades !
En voici trois , le dernier blason figurant également dans un vitrail : 

 

              

Une peinture située dans l’église de Messines a retenu l’attention d’un de nos correspondants.

Cette peinture représente, parait-il, Adélaïde fondatrice de l’abbaye bénédictines de Messines (Mesen en Flandre) et son blason.(1) L’existence de l’église montoise est liée à cette abbaye et à un pèlerinage qui y était organisé.

Le lecteur trouvera ci-dessous quelques renseignements historiques.

 

MESSINES (Mesen)

Tous les renseignements historiques possédés sur Messines se rapportent à l'abbaye de Bénédictines fondée, en ce lieu, vers 1065 par Baudouin de Lille (2), comte de Flandre, et Adèle (Adélaïde), son épouse, fille de Robert II le Pieux, roi de France.(3)

 

 

 

 

 

 

Drogon, évêque de Térouanne, exempta la nouvelle abbaye de l’autorité diocésaine et lui accorda, moyennant une redevance annuelle, l'autel de Warneton, par un diplôme du 28 mai 1065 ('). Richilde, comtesse de Hainaut, termina sa vie orageuse en cette abbaye que quatre abbesses du sang royal de France ont gouverné et que l'impératrice Marie-Thérèse supprima, eu 1776, pour la remplacer par un hospice destiné aux filles, en bas âge, de militaires.

 


 

La lecture, de ce blason : "Parti. Au 1, gironné de 10 pièces d’azur et d’or, un écu de gueules brochant en coeur qui est Flandre ancienne; au 2, d’azur au semis de lis d’or, qui est France".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les historiens contestent cet écu de Flandre, toutefois c’est celui qui a été adopté pour le blason de la province de Flandre occidentale.

Nous vérifierons que le blason dessiné et imaginé suivant les données historiques est bien celui figurant dans l’église de Messines.

Finalement ce que l'on peut voir dans l'église est peu différent de ce que nous avions imaginé. Le gironné est de 16 pièces et il y a trois lis d'or au lieu d'un semis. Les trois fleurs de lis ont remplacé les semis durant la guerre de Cent ans. Encore un anachronisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 [1] Ce blason est une création anachronique, l’héraldique ayant vu le jour au  XIIème siècle. A noter que si le peintre a respecté les règles mises en place des siècles plus tard, il devrait se présenter comme figuré ci-dessus.

 [2]  BAUDOIN V le Pieux ou de Lille (+ Lille 0l. 09.1067), comte de Flandre (1036/67). fils et successeur de Baudouin IV le Barbu, il tint en respect l'empereur Henri III (traité d'Aix-Ia-Chapelle, 1049) et se fit reconnaître par son successeur Henri IV la possession du pays d'Alost. Marié à Adélaïde de France, fille du roi Robert le Pieux, il devint en 1060 tuteur du jeune roi de France, Philippe 1er, et régent du royaume. Sa fille aînée, Mathilde, épousa Guillaume le Conquérant, duc de Normandie puis roi d'Angleterre.

[3] ROBERT II le Pieux (* Orléans, vers 970  + Melun, 20.VII.1031), roi de France (996-1031). fils d'Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitou, il fut associé au trône par son père dès 988. Marié en 988 à Rosala, fille de Bérenger, roi d'Italie, et veuve du comte de Flandre, qui lui apporta Montreuil-sur-Mer. Il épousa, en secondes noces, Berthe de Bourgogne qui lui apportait des droits sur la Bourgogne. Le pape Grégoire V prit prétexte d'une parenté au quatrième degré pour déclarer cette union illégitime. Excommunié, le roi finit par se séparer de Berthe (vers 1003). Il épousa en troisièmes noces Constance de Provence, fille de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse.

 

 

 

 

 

 

    

 VIEUX CIMETIERE DE BINCHE 

Le cimetière proche de la collègiale Saint Ursmer et qui entoure la vieille chapelle Saint André recèle quelques tombes armoriées.

Une d'entre elles  appartient à la famille de Biseau.  Cette famille est d'origine bourguignonne et l'on trouve des tombes de la famille à Buvrinnes, Binche  et Mons. 

La lecture est  " d'azur à un chevron d'or accompagné de trois trêfles du même'"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  SAINT-GHISLAIN

La gare de Saint-Ghislain, désormais monument classé, a été remarquablement restaurée.

Au fronton, le blason de la ville est à nouveau visible

Les armes se lisent :
 
" Parti. A dextre, d'or à une aigle issant de la partition, de sable. A senestre, d'azur à 3 fleurs de lis d'or "
 
Voici ce que dit l'armorial des communes de Belgique :
 
" D'or à une demi-aigle de sable; parties d'azur aux trois fleurs de lis d'or 2 et 1 "
L'écu timbré de la mitre abbatiale d'or et de la crosse du même.
Supports : une aigle éployée à dextre et à senestre un ours muselé de gueules le tout reposant sur une terrasse de sinople.
 

Le plus ancien sceau connu de l'abbaye, appendu à une charte de 1217, portait un buste de saint Ghislain. Les sceaux personnels des abbés portèrent d'abord la même effigie parfois accompagnée d'une aigle et d'une fleur de lis - comme dans le sceau de l'abbé Philippe en 1315 - parfois adextrée d'une aigle et sénestrée d'un écusson aux armes particulières du titulaire - comme dans le sceau de l'abbé Etienne en 1320.

A partir du commencement du XVème siècle, l'abbaye usa d'un sceau commun où l'on voyait Saint-Ghislain accompagné d'une aigle et d'un ours, présence qui s' explique par la légende de la création de l'abbaye. Quelques années plus tard, l'abbaye adopta pour armoiries un écu parti, à dextre une demi aigle éployée et à sénestre, une crosse tournée à dextre et dès lors, et jusque vers la fin du XVIème siècle, elle fit graver cet écu sur les sceaux de ses échevinages.

En 1578, on attribua à l'abbaye des armoiries nouvelles dans lesquelles le parti de sénestre fut remplacé par les armes de France : d'azur à trois fleurs de lis d'or. La présence de l'aigle se justifiait doublement dans les armoiries de l'abbaye de Saint-Ghislain puisqu'elle rappelait à la fois la souveraineté impériale et l'aigle de la légende. La crosse abbatiale avait tout naturellement sa place dans des armoiries conventuelles et son remplacement par les lis de France eut peut-être pour raison de rappeler que la fondation de l'abbaye de Saint-Ghislain fut due, en grande partie, à Dagobert roi d'Austrasie et de France. Peut-être aussi l'introduction des armes de France eut-elle pour cause le fait qu'au XVIème siècle, l'abbé de Saint-Ghislain était en même temps évêque d'Arras.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Cercle Heraldus Mons - Publié dans : Découverte
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